La politique d'apartheid
Daniel F. Malan, dirigeant du Parti national rénové, s'éloigne prudemment
des groupes afrikaners les plus radicaux après 1943 et les premières
défaites militaires des pays de l'Axe. Afin de séduire l'électorat anglophone
conservateur, il développe un programme fondé sur le concept d'apartheid
(« développement séparé »). Vainqueur aux élections de 1948, il érige
en système
la ségrégation raciale qui prévaut depuis la fondation de l'Union et enlève aux
métis du Cap leur droit d'élection. L'apartheid, destinée en réalité à préserver
la suprématie blanche, prétend assurer aux différents groupes ethniques une
identité et une existence propres, au sein d'« ensembles nationaux autonomes »
(Homelands), appelés aussi bantoustans.
En 1950 est instaurée une classification raciale séparant
les Sud-Africains en trois catégories : Blancs, métis et Noirs. Par la suite,
une quatrième catégorie, celle des Indiens, s'y ajoute. Les mariages interraciaux
sont interdits et, la même année, le Group Area Act définit des lieux de résidences
obligatoires pour chacun des groupes.
Les successeurs de Malan après 1954, Johannes Strijdom, et surtout Hendrik Verwoerd,
Premier ministre de 1958 et 1966, puis Balthazar J. Vorster, chef du gouvernement entre
1966 et 1978, poussent la politique d'apartheid à l'extrême. Des Homelands ou bantoustans,
régions autonomes fragmentées en plusieurs parcelles habitées par les Bantous, sont créés,
par une série de lois adoptées entre 1959 et 1971. L'idée consiste à enfermer les différents
groupes bantous derrière des frontières ethniques fondées sur la langue, et en grande partie
arbitraires, avec l'espoir que le pouvoir accordé aux gouvernements locaux des bantoustans,
dont quatre d'entre eux vont accéder à une indépendance sans pouvoir et contestée, suscite
des rivalités politiques. La concession de parcelles de leurs anciens territoires (13 p. 100
de la superficie du pays) aux Noirs, dont la croissance démographique ne laisse pas d'inquiéter
la minorité blanche, garantit théoriquement l'existence de l'État sud-africain blanc.
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