La lutte contre l'apartheid
Depuis la création de l'Union sud-africaine, le mouvement de lutte contre
l'apartheid, représenté par l'African National Congress (ANC), mais aussi
par le South African Communist Party (SACP) et par le South African Indian
Congress, a emprunté la voie de la non-violence, suivant l'exemple donné par
Gandhi, fondateur en 1894, du Congrès indien du Natal. Après l'interdiction
du parti communiste en 1950, l'ANC, qui intègre les anciens membres du parti
dissous, poursuit son action en ce sens, et tente de fédérer les différents
mouvements. En juin 1952, une impressionnante campagne de désobéissance
civile rassemble Noirs et Indiens. Cependant, en 1958, Robert Sobukwe crée
le Panafrican Congress (PAC), mouvement radical fermé aux métis et aux Indiens.
PAC et ANC rivalisent alors pour la conduite du combat contre le régime, tandis
que le renforcement de la répression conduit également à une radicalisation de
l'opposition politique.
En mars 1960, la police réprime violemment une manifestation tenue à Sharpeville à
l'appel de l'ANC et de la PAC, faisant 61 morts. Une grève de protestation contre
le massacre se transforme en émeutes. L'état d'urgence est décrété et les deux
organisations noires sont interdites. En butte à une répression policière massive,
les dirigeants de l'ANC, au premier rang desquels Nelson Mandela, entrent dans la
clandestinité et choisissent de recourir à la lutte armée. En 1961, Mandela crée
l'Umkhonto We Siswe (la Lance de la Nation), bras armé de l'ANC. Les attentats de l'ANC,
cependant, ne sont pas volontairement meurtriers, à la différence des actions menées par la PAC.
Cependant, après l'arrestation de Mandela en août 1963 et sa condamnation,
en 1964, à la prison à vie, peine également prononcée à l'encontre de Walter Sisulu
et d'une soixantaine de dirigeants anti-apartheid, les cadres de l'ANC et de la PAC
encore en liberté quittent massivement le pays. Le combat contre le régime se déplace à
l'étranger.
En juin 1976, la répression policière d'une manifestation des écoliers de Soweto
protestant contre l'apprentissage obligatoire de l'afrikaans, marque le début
d'émeutes qui se prolongent jusqu'en février 1977 et provoquent la mort de 575
personnes. En septembre, Stephen Biko, fondateur et dirigeant emblématique du mouvement
Conscience noire, inspiré du Black Power afro-américain, meurt en prison à la suite des
tortures infligées par la police. Sa mort et la violence de la répression des émeutes
de Soweto étendent la contestation à l'ensemble du pays, tandis que la communauté
internationale condamne de plus en plus ouvertement le régime sud-africain, engagé
dans le conflit angolais. En novembre 1977, le Conseil de sécurité de l'ONU interdit
les ventes d’armes à l'Afrique du Sud.
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