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Réforme et résistance (suite)



En février 1990, les organisations anti-apartheid sont légalisées. L'ANC renonce, par la voix de Nelson Mandela, à la lutte armée. Son dirigeant historique est libéré. Les négociations, ouvertes aux représentants de toutes les communautés sauf à l'extrême droite afrikaner, sont difficiles et interrompues à plusieurs reprises. Un accord est finalement trouvé le 13 novembre 1993, prévoyant l'instauration d’une Afrique du Sud multiraciale, unie et démocratique. Après la victoire de l'ANC et l'élection à la présidence de Mandela en mai 1994, l'Afrique du Sud est réintégrée au sein du Commonwealth en juin. Une démocratie consensuelle, cogérée de fait par l'ANC et le Parti national, se met en place. La poursuite des violences entre Zoulous de l'Inkatha et membres de l'ANC assombrit cependant les premiers mois de la nouvelle Afrique du Sud. Mangosutu Buthelezi, remplacé à l'automne 1994 comme conseiller du roi zoulou Goodwill Zwelithini par le prince Mewayizeni Zulu, membre de l'ANC, est progressivement marginalisé. Le gouvernement de Mandela peut dès lors se consacrer à la reconstruction politique, économique et sociale du pays, oeuvre de longue haleine. En 1995, le conflit politique entre l'Inkatha et l'ANC perdure, entraînant le report des élections locales. Les affrontements entre les Vigilantes (la milice de l'Inkatha) et les Comrades de l'ANC entretiennent un climat de violence qui n'a cessé que récemment. La promulgation de la nouvelle Constitution le 10 décembre 1996 par Nelson Mandela joue un rôle important dans l'apaisement de la crise. La Constitution sud-africaine respecte les particularismes et attribue des pouvoirs importants aux assemblées provinciales, ce qui satisfait les demandes du président de l'Inkatha Buthelezi, dont l'organisation est majoritaire au Kwazulu-Natal. Au mois d'août 1997, Frederik De Klerk démissionne de son poste de chef du Parti national. Au mois de décembre, Nelson Mandela quitte ses fonctions au sein de l'ANC et Thabo Mbeki lui succède devenant le candidat de l'ANC à l'élection présidentielle de 1999. Jacob Zuma, le leader du mouvement dans le Kwazulu-Natal, est élu à la vice-présidence du mouvement. En 1998, le pouvoir est soumis à la pression des Noirs, impatients de voir aboutir des réformes et une certaine tension raciale se manifeste.

L'accession au pouvoir de la majorité noire s'accompagne d'une campagne visant à intégrer des adversaires d'hier, en faisant notamment la lumière sur les crimes commis dans les deux camps durant l'apartheid à travers les auditions d'une Commission vérité et réconciliation (TRC) mise place en 1995. Toutefois, si l'égalité politique entre les différentes composantes du « peuple arc-en-ciel » est maintenant inscrite dans la Constitution, les inégalités sociales persistent. Une nouvelle loi sur l'éducation obligeant les lycées à accueillir les élèves noirs est votée en 1996, mais les différences sociales créent des tensions raciales entre élèves. Par ailleurs, l'armée est profondément rééquilibrée avec la nomination, en 1998, d'un nouveau chef noir chargé de l'intégration d'anciens combattants de l'ANC aux forces régulières. La volonté gouvernementale de corriger les maux de l'apartheid en faveur des Noirs par l'établissement de quotas raciaux dans les établissements publics inspirés de l'affirmative action américaine (discrimination positive), est critiquée par les Blancs.

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